Sur le territoire métropolitain, résister aux autorités de la France de Vichy implique l'allégeance à une autre autorité française. En milieu colonial, toute résistance indigène aux autorités de Vichy peut être perçue de façon ambiguë. Résistance aux autorités coloniales ou résistance à Vichy ? Pour les autorités gaullistes, la dissidence, guadeloupéenne ou martiniquaise, ne saurait être admise comme véritable mouvement de résistance à Vichy. René Pleven, commissaire aux colonies dans le GPRF, annote les marges des ces documents à l'intention des secrétaires chargés de donner suite aux requêtes des gouverneurs coloniaux. Selon ce ministre, qui dédaigne les mouvements de dissidence, il faut diviser pour régner. Ces correspondances seront suivies d'un courrier secret adressé au Conseil National de la Résistance et lui donnant la consigne de ne pas reconnaître les mouvements de dissidence antillais en son sein. NB : l'un des deux documents présentés utilise encore les formulaires du secrétariat d'Etat aux Colonies de la France de Vichy. La Direction des Affaires Politiques (DAP), ou 3e Bureau, est un des services les plus importants du ministère.Parisot : directeur des affaires politiques ; Bertaud : gouverneur de la Guadeloupe depuis 1943 ; AP : affaires politiques
Source : Archives Nationales Section Outre-Mer (ANSOM), Aix-en-Provence
Transcription d'un télégramme secret de Bertaud à la DAP. Annotation de Pleven
Transcription d'un télégramme secret du gouverneur de la Martinique à la DAP. Annotation de Pleven